Entrée de mars 2008
Le groupe français d’alcools Pernod Ricard a annoncé aujourd’hui l’achat du Suédois Vin&Spirit (ancien monopole d’Etat suédois) qui détient notamment la vodka Absolut. Montant de la transaction : plus de 5,6 milliards d’euros (financés par un crédit auprès de 6 banques internationales), soit 1,4 milliards d’euros de plus que la valeur estimée en décembre dernier. Une enchère élevée qui a permis à Pernod Ricard de rafler la mise face à trois autres acquéreurs potentiels : l’Américain Fortune Brands, qui distribue la vodka Absolut aux Etats-Unis, le groupe Bacardi et le fonds d’investissement suédois EQT.
Vin&Spirit compte 2100 employés et a réalisé en 2007 un chiffre d’affaires d’environ 1 milliard d’euros. Autres marques du groupe : Level Vodka, FRIS Vodka, Plymouth Gin ou Cruzan Rum. La production de la vodka Absolut ne devrait pas être délocalisée hors de Suède.
Pernod Ricard devient ainsi le numéro un de la vodka haut de gamme (27 %) du marché et passe de la 4e à la seconde place sur celui des vins et spiritueux après le britannique Diageo (Smirnoff, Guiness, Johnnie Walker…). Les autres marques du groupe Pernod Ricard, qui s’est recentré depuis une dizaine d’années sur les boissons alcoolisées après avoir abandonné le secteur des sodas (Orangina) : Chivas, Ballantine’s, Havana Club, Mumm, Martell, Beefeater.
Références
Dépêches
20 Minutes.fr avec agences
Les Echos avec AFP
Reuters
AFP (portrait de l’entreprise Pernod Ricard)
Articles
Le Figaro : ” Absolut tombe dans l’escarcelle de Pernod”
Le Monde : ” La saga d’Absolut, boisson d’homme “
Challenges.fr : ” Pernod Ricard se rêve en leader mondial “
Catégories : Economie · Europe · France
Tagué : Ricard
Le président français Nicolas Sarkozy a effectué hier et aujourd’hui une visite d’Etat à Londres. Il était accompagné de sa femme, Carla Bruni-Sarkozy, du ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner, de la ministre de la justice Rachida Dati et de la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme Rama Yade.
Le premier jour fut protocolaire : le couple Sarkozy a été accueilli par le prince Charles et son épouse Camilla puis le cortège fut amené au château de Windsor, où, le soir, fut organisé un banquet en présence de la reine Elizabeth II. C’est Carla Bruni-Sarkzoy qui a surtout accaparé l’attention (notamment de tous les journaux britanniques) par son charme et son élégance.
Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy a une affiché convergence de points de vue sur de nombreux dossiers avec le premier ministre Gordon Brown :
- projet d’un nouveau pacte sur l’immigration
- réformes des institutions internationales (conseil de sécurité de l’Onu, FMI et Banque mondiale), notamment pour améliorer la surveillance des crises financières, investir dans la protection de l’environnement, renforcer le poids des pays en développement dans ces institutions ; ouverture du G8 à la Chine, l’Inde, l’Afrique du sud, le Brésil et le Mexique
- renforcement de la transparence financière en appelant les banques à communiquer sur leurs pertes
- mise en place d’un plan ” Afrique 2010 ” pour scolariser 16 millions d’enfants d’ici 2010, la totalité des enfants devant l’être en 2015
- mise en place d’un programme commun d’énergie nucléaire pour remplacer les anciennes centrales et exporter la technologie d’énergie atomique civile
- coopération économique pour rééquilibrer le taux de change dollar/euro
- renforcement de la présence militaire en Afghanistan
- intensification des investissements en recherche et développement (la France et l’Angleterre comptent déjà pour 70 % des investissements européens en la matière)
- renforcement des capacités militaires de l’Europe et de l’Otan (Londres semble ne plus s’opposer à la création d’un ” QG opérationnel ” à Bruxelles).
Nicolas Sarkozy et Gordon Brown ne se sont pas accordés en revanche sur une position commune au sujet de la répression chinoise au Tibet. Le second exclut tout boycott de la cérémonie d’ouverture.
La première dame de France a prononcé son premier discours officiel en faveur des mères enfantant dans les pays les plus pauvres.
Les observateurs ont surtout retenu de cette visite qu’elle aura marqué un réchauffement des relations franco-britanniques au sein de l’Union européenne (Nicolas Sarkozy a parlé de ” nouvelle fraternité ” et a dit ” l’Europe a besoin de vous “), réchauffement qui pourrait se faire au détriment de la coopération franco-allemande (dont l’axe est ” indispensable ” mais ” pas suffisant “).
Références
Dépêches
LeMonde.fr avec AFP et Reuters
LeMonde.fr avec Reuters et AFP
LeFigaro.fr avec AFP et AP
AFP
Articles
Le Figaro : ” Sarkozy relance la coopération avec Londres “
Le Monde : ” A Londres, Nicolas Sarkozy fustige l’euro fort et le “capitalisme de la frivolité” “
RFI : ” Des relations franco-britanniques au sommet “
Le Monde : ” Gordon Brown : “Une Europe mondiale peut changer les choses” “
Le Figaro : ” Défense européenne : Paris veut l’appui de Londres “
RFI : ” Une entente « formidable » “
Le Monde : ” Devant le Parlement britannique, M. Sarkozy vante le Royaume-Uni, “devenu pour nous un modèle” “
Le Monde : ” Toasts, queues-de-pie et un certain ennui “
Libération : ” Au sommet franco-britannique, Carla Bruni vole la vedette “
Le Monde : ” Discrète, la première dame fait oublier les clichés dénudés “
Le Monde : ” Carla Bruni-Sarkozy plaît plus aux Anglais que son époux “
Document
Un portfolio sur le site du Figaro
La retranscription de l’entretien accordé par Nicolas Sarkozy à la BBC
Catégories : Europe · France · Politique
Tagué : Brown, France, Grande Bretagne, Sarkozy
Le groupe indien Tata a racheté aujourd’hui à Ford les deux marques de voitures de luxe Jaguar et Land Rover pour 2,3 milliards de dollars (1,45 milliards d’euros).
Ford les avait achetées en 1999 et 2000 pour un total de 5,2 milliards de dollars, puis a investi plus de 10 milliards de dollars dans Jaguar sans parvenir à enrayer la baisse des ventes (130 000 à 60 000 exemplaires en 5 ans) – Land Rover est en revanche bénéficiaire. La firme américaine va en outre financer à hauteur de 600 millions de dollars un fonds destiné à payer les retraites des salariés. Enfin, Ford va continuer de livrer moteurs et équipements aux deux marques anglaises. Tata s’est engagé à ne pas délocaliser les trois usines (16 000 personnes) en Inde. Aussi, les syndicats ont-ils approuvé cette vente.
Cette vente était une nécessité pour Ford, en pleine restructuration après avoir essuyé des pertes de 15 milliards de dollars pour la période 2006-2007. Ford met ainsi un terme à sa tentative d’implantation sur le marché du luxe via un pôle dédié.
Tata est un groupe industriel créé en 1868 du temps de l’empire britannique et qui compte aujourd’hui 98 sociétés, dont Tata Motors, pour un chiffre d’affaires de 28,8 milliards de dollars soit 3 % du PIB indien. Le groupe, qui est le plus grand conglomérat privé de l’Inde, est détenu à 66 % par des organisations caritatives. Tata a acquis l’an passé le sidérurgiste anglo-néerlandais Corus pour 13 milliards de dollars : c’était la plus grosse transaction jamais réalisée par un groupe indien.
Tata a construit sa première voiture il y a neuf ans et se classe troisième aujourd’hui en Inde pour les voitures particulières. En revanche, le groupe est leader sur le marché des camions et des bus. L’Indien a annoncé vouloir commercialiser une voiture à 2500 dollars, la “Nano”, avant la fin de l’année. Avec une gamme complète, son objectif est de contrer des groupes comme Renault-Nissan ou Volkswagen, qui sont en train d’investir en Inde.
Le transfert de propriété aura lieu à la fin du 2e trimestre 2008.
Références
Articles
Le Monde : ” Et si Tata permettait à Jaguar de rugir de nouveau ? “
Le Figaro : ” Tata s’offre deux marques mythiques “
Les Echos : ” Avec Jaguar et Land Rover, Tata Motors entre dans le haut de gamme automobile “
Libération : ” Revanche de marques pour l’Inde “
Le Figaro : ” Le premier conglomérat indien à la conquête de la planète “
Libération : ” La dynastie Tata en essor depuis plus d’un siècle “
Catégories : Amérique du Nord · Asie · Economie · Europe · France
Tagué : Ford, Jaguar, Land Rover, Tata
La cérémonie d’allumage de la flamme olympique a eu lieu hier lundi 24 mars à Olympie, en Grèce. Elle a été perturbée par l’intervention de trois membres de Reporters sans frontières, dont son secrétaire général Robert Ménard (promu par ailleurs chevalier de la légion d’honneur ce dimanche) : ils ont déployé une banderole sur laquelle était écrit ” Boycottez le pays qui piétine les droits de l’homme ” et crié ” liberté, liberté ” au début du discours du responsable chinois du Comité d’organisation des jeux, Liu Qi. Ils ont été arrêtés par la police grecque avant de parvenir à s’emparer du micro, puis ont été relâchés ; la date de leur procès pour délit ” d’action offensante ne répondant pas à une provocation ” (passible au maximum d’un an de prison et/ou d’une amende) est fixée au 29 mars.
La flamme poursuit sa route accompagnée d’un dispositif policier renforcé. Le parcours exact et les relayeurs n’ont pas été divulgués par le Comité olympique hellénique pour des questions de sécurité. La flamme sera remise à Athènes le 30 mars aux autorités chinoises pour entamer un parcours de 137 000 kilomètres sur les cinq continents jusqu’au 8 août, jour de l’ouverture des jeux à Pékin.
Cet incident est survenu alors que le Tibet a traversé ces dernières semaines la plus grave crise de ces 50 dernières années. Des manifestations ont commencé le 10 mars à Lhassa (la capitale tibétaine) à l’occasion de l’anniversaire du soulèvement de 1959 contre le pouvoir chinois (qui avait pris le contrôle du Tibet 8 ans auparavant), qui avait conduit à l’exil en Inde du chef spirituel tibétain, le dalaï-lama. Ces manifestations ont été durement réprimées, avec à la clé une centaine de morts d’après le gouvernement tibétain en exil, une vingtaine d’après les autorités chinoises.
Aucun chef d’Etat n’a pour l’heure remis en cause sa présence à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques. Seul le président du Parlement européen, l’Allemand Hans Gert Pöttering, a estimé que ce serait ” justifié “.
Références
Dépêches
AFP
AFP (les réactions des chefs d’Etat)
20minutes.fr avec agences
AFP
Articles
Le Parisien : ” Le Tibet fait vaciller la flamme “
20 minutes : ” Robert Ménard, nouveau chevalier de la Légion d’honneur “
Libération : ” Tibet: la Chine annonce encore plus de répression “
Le Figaro : ” Entre la Chine et le Tibet, une longue histoire de préjugés et de domination “
Lien
Le site de Reporters sans frontières
Catégories : Asie · Europe
Tagué : chine, jeux olympiques, Olympie
L’armée israélienne a mené depuis une semaine l’opération la plus meurtrière à Gaza depuis le déclenchement de l’Intifada en 2000. Elle s’est soldée par plus de 125 morts côté palestinien et 3 du côté israélien.
Que s’est-il passé exactement ?
Mercredi 27 février, cinq membres du Hamas ont été assassinés. Le mouvement islamique a répliqué par des tirs de roquettes. Ces roquettes ont été perfectionnées par le Hamas : elles ont maintenant un rayon d’action de 20 kilomètres et ont visé les villes israéliennes les plus proches de la frontière : Ashkelon (120 000 habitants) et Sdérot (24 000 habitants).
Le premier ministre israélien Ehoud Olmert, échaudé par l’échec de l’intervention d’Israël au Liban durant l’été 2006 visant à faire cesser les attaques du Hezbollah, a décidé de répliquer par des attaques aériennes. Elles ont duré trois jours.
L’armée israélienne a ensuite mené une offensive militaire baptisée ” hiver chaud ” contre la bande de Gaza samedi 1er et dimanche 2 mars. Près de 2 000 soldats auraient pénétré dans le territoire palestinien, accompagnés de chars, d’hélicoptères et d’avions. Ils ont dit vouloir attaquer les lieux de construction, de stockage et de lancement des roquettes. L’armée israélienne a annoncé son retrait lundi 3 mars tout en affirmant vouloir poursuivre les opérations ultérieurement, les tirs de roquettes en provenance de Gaza n’ayant pas cessé. L’armée israélienne a fait une nouvelle incursion de deux heures hier soir, mardi 4 mars.
Et maintenant ?
Le ministre israélien de la défense Ehoud Barak, refusant toujours toute négociation avec l’organisation islamiste, a annoncé vouloir prochainement pénétrer dans les centres urbains de Gaza pour mettre fin aux tirs de roquettes. Le Hamas qualifie le retrait israélien d’échec et promet de poursuivre les représailles.
Quelles conséquences pour le processus de paix ?
Le président palestinien Mahmoud Abbas a décidé dimanche 2 mars d’interrompre les négociations de paix menées depuis novembre 2007 (lire l’info du jour du 28 novembre 2007). Aujourd’hui, il s’est dit prêt à les reprendre à la condition d’une trêve dans les violences.
Le Hamas a pris le pouvoir à Gaza (qui avait été évacuée par Israël durant l’été 2005) par la force en juin 2007. Depuis, le président palestinien n’a plus d’influence sur cette partie du territoire palestinien. Israël poursuit ainsi sa tentative de déstabilisation du Hamas, après avoir déjà décidé du blocus de la bande de Gaza (lire l’info du jour du 1er février 2008).
Quelles réactions ?
Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence ; il a condamné l’escalade des violences et a appelé à la fin des violences. L’Union européenne a parlé d’un “usage disproportionné ” de la force. Les Etats-Unis ont insisté sur le droit d’Israël à se défendre. Condolezza Rice, la secrétaire d’Etat américaine s’est rendue à Jérusalem pour tenter de relancer les négociations et a accusé l’Iran d’armer le Hamas. Les observateurs estiment que c’est la rapidité de ces réactions qui a conduit l’armée israélienne à se retirer de la bande de Gaza après deux jours de combats.
Références
Dépêches
LeMonde.fr avec AFP et AP
LeMonde.fr avec AFP et Reuters
LeFigaro.fr avec AFP et AP
LeFigaro.fr avec AFP
Articles
Le Monde : ” Le Hamas, en renforçant son armement, a ouvert à Gaza un second front pour Israël “
Le Monde : ” Le Hamas fête la “victoire”, Israël agira “là où il le faut” “
Le Monde : ” Pour Ehoud Olmert, l’offensive israélienne à Gaza n’était pas “une frappe ponctuelle” “
RFI : ” Israël quitte Gaza mais pourrait revenir “
Le Figaro : ” Israël attend le départ de Rice pour repasser à l’offensive “
Libération : ” Sous pression, Israël se retire de Gaza et laisse un Hamas renforcé “
Catégories : Proche-Orient
Tagué : Abbas, Gaza, Israël, ONU
Le numéro 2 de la guérilla marxiste colombienne (les Farc : Forces armées révolutionnaires de Colombie), Raul Reyes, a été assassiné, ainsi qu’une quinzaine de ses hommes, samedi 1er mars en Equateur, à moins de 2 kilomètres de la frontière colombienne. Sa mort constitue le plus gros revers militaire de l’histoire des Farc.
Comment cela s’est-il passé ?
Des avions colombiens ont bombardé un camp des Farc à la suite d’informations des renseignements américains reposant sur une interception téléphonique. Des hélicoptères ont ensuite déposé des soldats au sol pour terminer l’opération.
Quelles ont été les conséquences diplomatiques immédiates ?
L’Equateur a rompu ses relations diplomatiques avec la Colombie et a envoyé des militaires à la frontière ; le Venezuela annonce la fermeture de ses frontières avec ce pays après avoir expulsé de son territoire des diplomates colombiens et envoie plusieurs milliers de militaires à sa frontière avec la Colombie ; le président colombien Alvaro Uribe a annoncé vouloir poursuivre le président vénézuélien devant la Cour pénale internationale, l’accusant de financer les Farc depuis une dizaine d’années.
Qui était Raul Reyes ?
Raul Reyes (Luis Edgar Devia de son vrai nom) était le chef de la diplomatie des Farc, responsable des finances, et son responsable de la communication. Il avait 60 ans. Il faisait partie de la guérilla depuis plus de 30 ans et on le considérait comme un successeur possible de l’actuel chef et fondateur des Farc, Manuel Marulunda. Considéré comme un homme très dur, il était le lien entre la partie militaire et la partie politique des Farc. La France, la Suisse et l’Espagne étaient en contact avec lui pour la libération d’otages dont la franco-colombienne Ingrid Betancourt.
Les Farc et les otages
Les Farc compteraient aujourd’hui environ 9000 combattants (deux fois moins qu’au début des années 2000). Ils tireraient des revenus de la coca se montant à 500 millions à 1 milliard de dollars. Ils détiendraient plus de 700 otages. Des otages ” commerciaux “, échangés contre rançon, et 39 otages ” politiques et combattants ” dont Ingrid Betancourt et trois Américains, séquestrés à des fins de négociations politiques. Quatre d’entre eux avaient été libérés mercredi 27 février grâce à une médiation d’Hugo Chavez. Deux autres avaient déjà été libérés le 10 janvier (lire l’info du jour du 10 janvier 2008 http://linfodujour.canalblog.com/archives/2008/01/10/7515937.html).
Références
Dépêches
LeMonde.fr avec AFP, AP et Reuters
LeFigaro.fr avec AFP
LeFigaro.fr avec AFP, AP et Le Figaro
LeFigaro.fr avec AFP et AP
Articles
RFI : ” La situation se tend “
RFI : ” Washington fidèle allié de Bogota “
RFI : ” Raul Reyes, N° 2 des FARC, a été tué “
Le Figaro : ” Les otages, dernière carte d’une guérilla affaibli “
RFI : ” Les FARC ont relâché quatre nouveaux otages “
Catégories : Amérique centrale et du Sud
Tagué : Colombien, Equateur, Farc, Marulunda, otages, Reyes, Uribe, Venezuela
Dmitri Medvedev a remporté au premier tour les élections présidentielles russes hier dimanche 2 mars avec 70,2 % des voix. Le candidat communiste Guennadi Ziouganov est arrivé second (17,8 %), suivi de l’ultranationaliste Valdimir Jirinovski (9,4 %) et du pro-européen Andreï Bogdanov (1,3 %). Le taux de participation a été de 65 %.
Même si l’issue du scrutin n’est pas contestée, son déroulement, lui, est critiqué. Les quelques observateurs européens présents en Russie pour l’élection estiment que les candidats n’ont pas tous eu les mêmes droits pour accéder aux médias tandis que d’autres ont été empêchés de se présenter, notamment l’ex-premier ministre Mikhaïl Kassianov. Ils parlent aussi de bourrages d’urnes et d’obligations faites à des ouvriers de voter. L’OSCE avait annulé l’envoi d’une mission d’observation en raison de “restrictions imposées par les autorités russes”.
42 ans, 1m62 et surnommé ironiquement au Kremlin ” le grand vizir “, Dmitri Medvedev est le plus jeune dirigeant russe depuis Nicolas II, le tsar assassiné par les bolcheviks en 1918. Professeur de droit diplômé de l’université de Saint-Pétersbourg, il a été pris comme assistant à la mairie de Saint-Pétersbourg. C’est là qu’il rencontra Vladimir Poutine. Il en deviendra le consultant juridique et le sortira d’accusations de corruption. Lui-même a toujours échappé à toute accusation de corruption. Contrairement à son ex-challenger à la succession de Vladimir Poutine, il n’a pas fait partie de l’ancien KGB (où Vladimir Poutine a passé, lui, 17 ans). Il s’occupa de la campagne présidentielle de Vladimir Poutine en 1999. Ensuite, il fut nommé président du conseil d’administration du géant gazier Gazprom (la plus grosse entreprise russe et la quatrième capitalisation boursière mondiale) en 2000, chef de l’administration présidentielle en 2003 et vice-premier ministre en 2005. En décembre 2007, Vladimir Poutine l’a désigné pour lui succéder (lire l’info du jour du 10 décembre 2007)
Dans un discours de campagne, il avait défini ses quatre priorités : les ” 4 i ” pour institutions, infrastructures, innovation, investissement. Il affirme vouloir notamment diversifier l’économie, réduire la présence de l’Etat et travailler pour l’indépendance de la justice. Il devra notamment lutter contre l’inflation, actuellement proche de 12 %.
La passation de pouvoir aura lieu le 7 mai. Vladimir Poutine (55 ans), qui ne pouvait constitutionnellement prétendre à un troisième mandat, occupera le poste de Premier ministre. Le partage du pouvoir entre eux reste à définir. Selon la Constitution, le président garde le contrôle des services secrets, de l’armée et de la police.
Références
Dépêches
AFP
Reuters
AFP
LeFigaro.fr avec AFP
Articles
Le Monde ” Dmitri Medvedev élu président, la Russie spécule sur une possible rivalité avec Vladimir Poutine “
RFI : ” Medvedev au Kremlin “
Le Monde : ” Dmitri Medvedev, tsar ou vizir ? “
Le Monde : ” Dmitri Medvedev, un président dans l’ombre de Poutine pour la Russie “
Le Figaro : ” La Russie doit composer avec son «tsar» à deux têtes “
Le Figaro : ” L’héritage de Poutine, ou les risques du capitalisme autoritaire “
Le Figaro : ” Medvedev, le gentil héros que le Kremlin se fabrique “
Document
Le vainqueur fêté avec Vladimir Poutine sur la Place Rouge.
Catégories : Asie · Asie centrale · Europe
Tagué : Bogdanov, Jirinovski, Kassianov, Medvedev, Russie, Ziouganov