Archives de Catégorie: Amérique centrale et du Sud

Mardi 7 avril 2009. Plus aucun pays sur la  » liste noire  » de l’OCDE

Le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, a annoncé aujourd’hui que les quatre pays (Uruguay, Costa Rica, Philippines, Malaisie) qui figuraient sur la  » liste noire  » des paradis fiscaux, révélée lors du sommet du G20 le 2 avril 2009 (lire l’info du jour du 3 avril), se sont tous  » engagés pleinement à procéder à des échanges de renseignements fiscaux en fonction de la norme OCDE « . Les quatre pays vont ainsi rejoindre les 38 pays de la  » liste grise « , qui ont pris l’engagement d’échanger des renseignements fiscaux mais qui n’ont pas signé des accords bilatéraux avec au moins 12 des 30 Etats membres de l’OCDE.

Références
Dépêches
LeMonde.fr avec AFP

Articles
Le Figaro :  » Paradis fiscaux : la fin de la liste noire « 
BBC :  » OECD removes tax havens from list « 

Vendredi 3 avril 2009. Les conclusions et les engagements du G20

Les pays du G20 se sont réunis jeudi 2 avril à Londres. Pour relancer l’économie mondiale et éviter une nouvelle crise à l’avenir ils ont pris les engagements suivants :

– 1 000  milliards de dollars (750 milliards d’euros) supplémentaires vont être injectés dans l’économie mondiale par le biais du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale – il ne s’agit donc pas de nouveaux plans de relance, auxquels étaient opposés la France et l’Allemagne ; les montants totaux investis d’ici à 2010 seront donc amenés à 5000 milliards de dollars (3 700 milliards d’euros) ;

– afin de venir à bout du secret bancaire, l’OCDE va pouvoir publier une liste de paradis fiscaux  » non coopératifs « . Il y aura précisément trois listes, selon que les Etats acceptent ou non de coopérer. Les sanctions restent à définir : elles seront soit directes (suppression des centres non coopératifs) soit indirectes (incitation des institutions financières à ne pas travailler avec ces centres).
Sur la liste « noire »  : le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines et l’Uruguay.
Sur la liste « gris foncé », 32 pays : Andorre, Anguilla Antigua, Barabade, Aruba, Bahamas, Bahrein, Belize, les Bermudes, les iles vierges anglaises, les iles Cayman, les iles Cook, la Dominique, Gibraltar, Grenade, Liberia, le Liechtenstein, les Iles Marshall, Monaco, Montserrat, Nauru, les Antilles néerlandaises, Niue, Panama, St Kitts and Nevis, Sainte Lucie, Saint Vincent et Grenadine, Samoa, San Marin, les iles Turks and Caicos et Vanuatu.
Sur la liste gris clair : l’Autriche, la Belgique, Brunei, le Chili, le Guatemala, le Luxembourg, Singapour et la Suisse.

– les contrôles seront accrus sur les agences de notation et les fonds spéculatifs, notamment en ce qui concerne leur niveau d’endettement ; les banques devront garder dans leurs comptes une part de leurs risques (et non plus de tout titriser) ; les normes comptables vont être harmonisées ; de nouvelles règles sur les bonus et les salaires des dirigeants et des financiers vont être établies ;

– certaines institutions internationales vont être renforcées : le budget du FMI va être triplé pour arriver à 750 milliards de dollars, dont un tiers sera financé par la création monétaire (la planche à billets) ; une nouvelle instance, le Conseil de stabilisation financière, remplacera le Forum de stabilité financière pour détecter les risques financiers et intégrera les pays émergents ; des pays émergents seront aussi accueillis dans les discussions du G7 pour débloquer le « cycle de Doha » amorcé en 2001 ;

Une nouvelle réunion a été programmée en sptembre prochain à New-York, en marge de la prochaine assemblée générale de l’ONU pour évaluer la mise en œuvre de toutes ces mesures.

Etaient présents, des représentants des pays du G20
– la chancelière allemande Angela Merkel
– le président sud-africain Kgalema Motlanthe
– le roi Abdallah d’Arabie saoudite et le ministre saoudien des affaires étrangères, Saud al-Faisal
– le président argentin Cristina Kirchner
– le premier ministre australien Kevin Rudd
– le président brésilien Luiz Innacieo Lula da Silva
– le premier ministre canadien Stephen Harper
– le président chinois Hu Jintao
– le président sud-coréen Lee Myung-bak
– le président américain Barack Obama
– le président français Nicolas Sarkozy
– le premier ministre indien Manmohan Singh
– le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono
– le premier ministre italien Silvio Berlusconi
– le premier ministre japonais Taro Aso
– le président mexicain Felipe Calderon
– le premier ministre britannique Gordon Brown
– le président russe Dmitry Medvedev
– le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan
et pour l’Union européenne, le président de la Commission José Manuel Barroso

En outre, s’étaient aussi déplacés :
– le premier ministre espagnol Jose Luis Zapatero
– le premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende
–  le président de l’ASEAN (Association des pays du Sud-Est), le premier ministre thaïlandais Abhisit Vejjajiva
– le président du Conseil européen et premier ministre tchèque Mirek Topolanek
– le responsable du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique) et premier ministre éthiopien Meles Zenawi
– le président du Forum de stabilité financière Mario Draghi
– le directeur du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn
– le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon
– le président de la Banque mondiale Robert Zoellick
– le directeur de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy.

Références
Dépêche
Reuters

Articles
Le Monde :  » G20 : quatre orientations décisives pour essayer de sauver l’économie mondiale « 
La Croix :  » Accord à Londres, le G20 est entré dans le concret « 
La Croix :  » Les grandes décisions du G20 « 
WSJ :  » World Leaders Agree on Global Response « 
Le Figaro :  » Accord mondial pour 
un nouveau capitalisme « 
Les Echos :  » Compromis ambitieux au sommet du G20 « 
Les Echos :  » Des promesses de réformes en cascade « 
Les Echos :  » Des avancées notables sur la régulation financière internationale « 
RFI :  » La Chine propose et s’impose « 
NYTimes :  » World Leaders Pledge $1.1 Trillion to Tackle Crisis « 

Document
Le communiqué final

Lundi 17 novembre 2008. Première réunion des chefs d’Etat du G20

 

Les chefs d’Etat et de gouvernement des 20 pays les plus riches de la planète se sont réunis pour la première fois vendredi 14 novembre et samedi 15 novembre 2008.

L’objectif était de poser les bases d’une relance économique et d’une réforme de la surveillance financière mondiale. La déclaration finale, rédigée dans un langage technique, met en avant la sous-évaluation du risque par les investisseurs et n’évoque pas la « crise des subprimes ». Sans qu’aucune initiative majeure n’ait été prise, plusieurs grands principes ont été retenus :

– une relance économique par des mesures budgétaires en faveur d’une relance de la consommation et une aide accrue des institutions financières envers les pays les plus fragiles

– une amélioration de la régulation des marchés financiers (selon des modalités à définir d’ici au 31 mars 2009) et de la gouvernance économique (en repensant notamment le rôle du FMI)

– le maintien des principes de l’économie de marché et le refus des mesures protectionnistes

– une ouverture aux puissances économiques émergentes du Forum sur la stabilité financière (FSF), créé à la fin des années 1990 et qui regroupe les représentants des gouvernements, des banques centrales et des agences de régulation.

L’idée de Nicolas Sarkozy d’avoir un «  super gendarme » de la finance internationale n’a pas été reprise. Un « collège de superviseurs » doit en revanche être constitué au cours des prochains mois : il réunira les principaux régulateurs de la finance pour discuter de la santé des principales banques mondiales

Un nouveau sommet du G20 doit se tenir avant le 30 avril 2009, probablement en Grande Bretagne.

Qu’est-ce que le G20 ?

Le G20 a été créé en 1999 à la suite des crises asiatique et russe. Les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales se rencontrent chaque année (le G20 n’a aucun personnel permanent). 

Les pays du G20 regroupent les deux tiers de la population mondiale et 90 % du PIB de la planète. Ils sont au nombre de 19, plus l’Union Européenne (représentée par le Président du conseil et celui de la Banque centrale européenne) :

• les membres du G8 :

Allemagne

Canada

Etats-Unis d’Amérique

France

Italie

Japon

Royaume-Uni

Russie

• des grandes économies émergentes :

Afrique du Sud

Arabie saoudite

Argentine

Australie

Brésil

Chine

Corée du Sud

Inde

Indonésie

Mexique

Turquie.

En réalité, la liste des pays n’a pas bougé depuis le choix initial de 1999 et ne reflète donc pas parfaitement le classement mondial des pays les plus riches (l’Espagne, les Pays-Bas, la Belgique et la Suisse devraient y appartenir, voire l’Iran et la Pologne selon le mode de calcul de la richesse). Déjà en 1999, la Turquie, l’Indonésie, l’Afrique de Sud et l’Arabie Saoudite ont été inclus sans faire partie des 20 pays les plus riches.

 

Références

Dépêches

Le Monde.fr avec AFP et Reuters

AFP (sur le site de La Croix)

Articles

Le Figaro : «  Le G20 prône la relance par tous les moyens »

RFI : G20 : un ensemble de principes pour mettre fin à la crise

Les Echos : «  Le G20 jette les bases d’une réforme en douceur du système financier »

Le Monde : « Le G20, théâtre de la discorde franco-américaine »

IHT : « G-20 mostly avoids the thornier questions »

La Croix : «  Le G20, un sommet inédit »

20 Minutes : « Le G20 pour les nuls »

20 Minutes : « Votre pays peut-il être viré du G20? » (traduction de Slate)

BBC : « Q&A: The G20 summit »

 

Documents

Une infographie des pays participant au G20 sur le site du Monde

La déclaration finale, sur le site du Figaro

Lundi 26 mai 2008. La mort du chef des Farc.

Le chef des Farc, Manuel Marulanda (Pedro Antonio Marin de son vrai nom) est mort, officiellement d’un arrêt cardiaque le 26 mars dernier. Il avait 78 ans.

On l’avait déjà dit mort à une quinzaine d’occasions, mais, cette fois, l’information a été confirmée par la guérilla hier dimanche 25 mai 2008.

Manuel Marulanda était engagé dans la guérilla depuis 1949, d’abord dans un climat de guerre civile, en soutien à des paysans libéraux s’opposant aux conservateurs au pouvoir . Il a fondé les Farc en 1964, embrassant l’idéologie communiste, échappant à une offensive militaire et revendiquant la prise du pouvoir par les armes. Sa dernière apparition publique remonte à 1982. Il n’a écrit ni texte, ni discours.

Son successeur : Alfonso Cano (Guillermo Leon Vargas de son vrai nom) est considéré comme plus politique que militaire. Diplômé de droit et d’anthropologie à la faculté de Bogota, il est entré dans la guérilla à la suite de l’assassinat de 3000 militants de gauche par l’armée colombienne et les paramilitaires au début des années 1990.

Personne ne sait le sort qu’il réserve aux otages, dont la libération par Marulanda (dans le cadre d’un échange de prisonniers) était conditionnée par l’établissement préalable d’une zone démilitarisée.

Le numéro 2 des Farc, Raul Reyes, avait été assassiné le 1er mars dernier (lire l’info du jour du 4 mars 2008). Peu après, c’est un autre dirigeant, Ivan Rios qui avait été abattu par un de ses proches. La guérilla ne compterait plus que 9 000 hommes armés contre 21 000 il y a dix ans (alors qu’en face, les militaires de carrière sont passés de 20 000 à 70 000).

Références
Dépêches
LeMonde.fr avec AFP
LeMonde.fr avec AFP et Reuters

Articles
Le Figaro : " Betancourt : l’espoir renaît après la mort du chef des Farc "
RFI : " Les FARC confirment la mort de Marulanda et nomment un nouveau leader "
La Croix : " Les Farc divisées et affaiblies annoncent la mort de leur chef "
Le Monde: " Manuel Marulanda "
Libération : " Marulanda, long feu de la guérilla "

Lundi 21 avril 2008. Alternance au Paraguay.

Le candidat de centre-gauche Fernando Lugo a remporté l’élection présidentielle paraguayenne du 20 avril avec 40,8 % des voix (scrutin à la majorité simple, sans second tour).  Cela faisait 61 ans (un record mondial) que ce pays était gouverné par un parti de droite, le Colorado (qui avait soutenu la dictature du général Alfredo Stroessner de 1954 à 1989). Sa représentante, Blanca Ovelar, n’a recueilli que 30,8 % des voix. Le taux de participation aurait avoisiné les 72 % (sur un total de 2,8 millions d’électeurs).

Surnommé " l’évêque des pauvres " et âgé de 56 ans, Fernando Lugo est un ancien évêque qui a renoncé à son sacerdoce en 2006 pour se consacrer à la politique.

Le Paraguay rejoint ainsi tous les pays d’Amérique du sud sauf la Colombie, dont le gouvernement est passé à gauche ces dernières années. Tous les pays du marché commun régional, le Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay, plus les pays en cours d’intégration : Chili, Bolivie et Venezuela) ont désormais un gouvernement de gauche.

Fernando Lugo prendra ses fonctions le 15 août 2008.

Références
Dépêches
LeFigaro.fr avec AFP et AP
LeMonde.fr avec Reuters et AFP

Articles
Le Monde : " L’opposition paraguayenne tiraillée entre un évêque et un général "
Le Monde : " Au Paraguay, l’"évêque des pauvres" défie un pouvoir vieux de soixante et un ans "
RFI : " L’ancien évêque Fernando Lugo élu président "
RFI : " Eclatante victoire de Fernando Lugo "
International Herald Tribune : " Opposition wins Paraguay’s presidency, ending one-party rule "
La chronique d’Alexandre Adler du 21 avril 2008

Mardi 15 avril 2008. Alerte sur la faim dans le monde.

Au cours de leurs  » assemblées de printemps « , le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont évoqué le week-end dernier la crise alimentaire qui s’amorce à l’échelle mondiale. L’Onu a rédigé un document selon lequel la hausse des prix des produits agricoles serait structurelle et non passagère. La crise pourrait massivement toucher les milieux urbains pauvres où les organisations d’aide n’ont que peu d’expérience.
Dominiquie Strauss-Kahn, directeur général du FMI, a affirmé qu’elle peut avoir non seulement des conséquences humanitaires, mais aussi qu’elle peut engendrer des déstabilisations politiques.

Qu’est-ce qui a augmenté et de combien ?
Selon la Banque mondiale, les prix alimentaires ont augmenté de 83 % au cours des trois dernières années.
Le blé a augmenté de 181 % sur la même période.
Le cours du maïs (très utilisé pour les biocarburants) a plus que doublé en un an.
Le riz a augmenté de près de 30 % entre 2005 et 2007 (en Afrique, son prix a doublé l’an dernier).
Le cours des produits laitiers a progressé de 120 % entre septembre 2006 et septembre 2007.

Quelles sont les causes de la flambée des prix ?
Les causes sont multiples et leurs poids discutés :
– augmentation de la demande (200 000 habitants supplémentaires chaque jour), et notamment en Chine ou en Inde où les niveaux de vie progressent (les gens mangent plus et mangent plus de viande)
– phénomènes climatiques (sécheresse en Australie)
– hausse du cours du pétrole (qui entraîne l’augmentation du prix du fret de façon directe et l’attrait pour les biocarburants de façon indirecte)
– subvention des cultures destinées aux biocarburants (entre 20 % et 50 % de la production mondiale de maïs ou de colza y sont maintenant destinés ; l’Union européenne veut que la part des biocarburants atteigne 10 % ; George Bush vise 15 % d’ici à 2017 ; Jean Ziegler parle de  » crime contre l’humanité  » à propos des subventions)
– crise des marchés financiers qui fait des matières agricoles un objet de spéculation

Quels pays sont concernés ?
Selon la Banque mondiale, 33 pays seraient menacés et 100 millions de personnes vivant dans les pays les plus pauvres sont menacés d’être poussés dans la misère.
Les manifestations contre la hausse des prix des denrées alimentaires se multiplient : en HaÏti, en Egypte, au Pakistan, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Mauritanie, en Ethiopie, à Madagascar, aux Philippines, au Bangladesh, en Indonésie.
Depuis début mars, la Chine, l’Inde, le Vietnam et l’Egypte contrôlent ou empêchent les exportations de riz. La demande s’est tournée vers la Thaïlande (premier exportateur de riz au monde) qui ne peut faire face à la demande bien qu’elle exporte la moitié de se production ; les champs de riz y sont maintenant gardés par l’armée. Il n’existe aucune discussion entre les pays producteur pour gérer la crise.
En Haïti (le pays le plus pauvre du continent américain), le premier ministre Jacques Edouard Alexis a été poussé à la démission à la suite d’émeutes qui ont conduit à la mort de 5 personnes. Le président René Préval a annoncé samedi 12 avril un plan d’urgence pour faire baisser le prix du riz (importé à 80 %) de 15 %. Haïti va recevoir 10 millions de dollars de la part de la banque mondiale (qui a fourni environ 220 millions de dollars à ce pays depuis 2005) pour tenter de mettre fin à la crise.

Et maintenant ?
Le Programme alimentaire mondial connaît une crise de trésorerie. Pour nourrir 73 millions de personnes dans 78 pays, l’agence a besoin de 3,4 milliards de dollars contre 2,9 initialement prévus.
Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a appelé à un  » new deal alimentaire  » et aux dons.
La Banque mondiale prévoit de presque doubler ses prêts agricoles à l’Afrique pour les porter à 800 millions de dollars.
La FAO (l »organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) prévoit de meilleures moissons en 2008 par rapport à 2007 (+2,6 % pour le blé), mais qui ne seront pas suffisantes pour faire baisser durablement les prix : la facture céréalières pour les pays pauvres devrait augmenter de 56 % cette année.
Sur le long terme, le FMI et la Banque mondiale prônent pour une augmentation des surfaces agricoles et de leur productivité.

Références
Dépêches
LeMonde.fr avec AFP et Reuters
LeMonde.fr avec AFP et AP

Articles
RFI :  » L’Afrique résiste à la crise, mais plus pour longtemps « 
RFI :  » La tension reste vive après dix jours d’émeutes « 
RFI :  » Clôture de la réunion des grands argentiers de la planète « 
Libération :  » Jean Ziegler «Une hécatombe annoncée» « 
RFI :  » Emeutes de la faim : destitution du Premier ministre « 
RFI :  » Crise alimentaire : l’ONU s’attend au pire « 
Le Monde.fr :  » La Banque mondiale et le FMI tentent de mobiliser face à l’envolée des prix alimentaires « 
La Croix :  » Le monde prend conscience de la crise alimentaire « 
La Croix :  » De très fortes tensions sur les prix alimentaires « 
Le Figaro :  » La crise alimentaire, défi majeur du XXIe siècle « 
Libération :  » Émeutes de la faim : les raisons de la colère « 
Libération :  » Egypte «Sans les subventions, la situation aurait déjà explosé» « 
Libération :  » Bangkok peine à répondre à la demande mondiale « 

Documents
Le rapport de la Banque mondiale
Une carte des pays les plus touchés sur le site de La Croix
Un portfolio sur les violences en Haïti sur le site du Monde
Un portfolio sur les différents mouvements autour du monde sur le site du Figaro

Vendredi 28 mars 2008. Les portables autorisés à Cuba.

Le gouvernement cubain a annoncé aujourd’hui que tous les citoyens de Cuba sont désormais autorisés à posséder un téléphone portable. Celui-ci était jusqu’à présent réservé à certains fonctionnaires et aux employés des entreprises étrangères.

L’ouverture d’un compte téléphonique (75 euros) représente environ 7 mois de salaire mensuel moyen.

Ce changement fait partie de la volonté de Raul Castro (qui a succédé à son frère Fidel Castro le 24 février – lire l’info du jour du lundi 25 mars 2008) de supprimer certaines  » interdictions et réglementations excessives « . Les Cubains pourront ainsi également acheter des ordinateurs (mais pas se connecter de façon libre à internet), des téléviseurs, des lecteurs de DVD, des autocuiseurs, des vélos électriques ou des alarmes pour voitures. [Mise à jour du lundi 31 mars] Les Cubains auront en outre accès aux hôtels internationaux réservés jusque là aux étrangers et pourront louer des voitures.

Références
Dépêches
AFP
AFP

Articles
Le Monde :  » Cuba : La Havane autorise l’achat d’ordinateurs, mais verrouille Internet « 
Le Monde :  » La Havane autorise les Cubains à posséder des téléphones portables « 
RFI :  » Timide ouverture « 

Mardi 4 mars 2008. Crise en Amérique latine après l’assassinat du numéro 2 des Farc.

Le numéro 2 de la guérilla marxiste colombienne (les Farc : Forces armées révolutionnaires de Colombie), Raul Reyes, a été assassiné, ainsi qu’une quinzaine de ses hommes, samedi 1er mars en Equateur, à moins de 2 kilomètres de la frontière colombienne. Sa mort constitue le plus gros revers militaire de l’histoire des Farc.

Comment cela s’est-il passé ?
Des avions colombiens ont bombardé un camp des Farc à la suite d’informations des renseignements américains reposant sur une interception téléphonique. Des hélicoptères ont ensuite déposé des soldats au sol pour terminer l’opération.

Quelles ont été les conséquences diplomatiques immédiates ?
L’Equateur a rompu ses relations diplomatiques avec la Colombie et a envoyé des militaires à la frontière ; le Venezuela annonce la fermeture de ses frontières avec ce pays après avoir expulsé de son territoire des diplomates colombiens et envoie plusieurs milliers de militaires à sa frontière avec la Colombie ; le président colombien Alvaro Uribe a annoncé vouloir poursuivre le président vénézuélien devant la Cour pénale internationale, l’accusant de financer les Farc depuis une dizaine d’années.

Qui était Raul Reyes ?
Raul Reyes (Luis Edgar Devia de son vrai nom) était le chef de la diplomatie des Farc, responsable des finances, et son responsable de la communication. Il avait 60 ans. Il faisait partie de la guérilla depuis plus de 30 ans et on le considérait comme un successeur possible de l’actuel chef et fondateur des Farc, Manuel Marulunda. Considéré comme un homme très dur, il était le lien entre la partie militaire et la partie politique des Farc. La France, la Suisse et l’Espagne étaient en contact avec lui pour la libération d’otages dont la franco-colombienne Ingrid Betancourt.

Les Farc et les otages
Les Farc compteraient aujourd’hui environ 9000 combattants (deux fois moins qu’au début des années 2000). Ils tireraient des revenus de la coca se montant à 500 millions à 1 milliard de dollars. Ils détiendraient plus de 700 otages. Des otages  » commerciaux « , échangés contre rançon, et 39 otages  » politiques et combattants  » dont Ingrid Betancourt et trois Américains, séquestrés à des fins de négociations politiques. Quatre d’entre eux avaient été libérés mercredi 27 février grâce à une médiation d’Hugo Chavez. Deux autres avaient déjà été libérés le 10 janvier (lire l’info du jour du 10 janvier 2008 http://linfodujour.canalblog.com/archives/2008/01/10/7515937.html).

Références
Dépêches
LeMonde.fr avec AFP, AP et Reuters
LeFigaro.fr avec AFP
LeFigaro.fr avec AFP, AP et Le Figaro
LeFigaro.fr avec AFP et AP

Articles
RFI :  » La situation se tend « 
RFI :  » Washington fidèle allié de Bogota « 
RFI :  » Raul Reyes, N° 2 des FARC, a été tué « 
Le Figaro :  » Les otages, dernière carte d’une guérilla affaibli « 
RFI :  » Les FARC ont relâché quatre nouveaux otages « 

Lundi 25 février 2008. Castro, Flosse, Christofias, Myung-Bak, Sarkissian : nouveaux présidents

Cuba
Raul Castro, le frère de Fidel Castro, a été élu président du Conseil d’Etat à Cuba par les députés hier dimanche 24 février. Fidel Castro avait annoncé le 19 février ne pas solliciter un nouveau mandat (lire l’info du jour du 19 février) et Raul Castro était le seul candidat à sa succession. Il a 76 ans ; il est ministre de la défense depuis 1959, numéro 2 du régime cubain (Premier vice-président), et a assuré l’intérim de son frère depuis juillet 2006. Il a créé et dirigé l’armée révolutionnaire cubaine.
Fidel Castro reste le Premier secrétaire du Parti communiste, la " force dirigeante supérieure de l’Etat et de la société ".
José Ramon Machado, a été désigné en tant que numéro deux du régime. Agé de 78 ans, c’est aussi un membre historique tu parti communiste. Il a été choisi au détriment de Carlos Lage, 56 ans, pourtant donné favori.

Polynésie française
Gaston Flosse a été élu président de la Polynésie française à la suite d’une alliance avec l’indépendantiste Oscar Temaru. Gaston Flosse a accepté de s’unir à son adversaire politique historique pour contrer Gaston Tong Sang, autonomiste comme lui, celui-ci étant le grand favori pour la présidence grâce à son succès aux élections du 10 février, où il avait remporté 45 % des voix.
Gaston Flosse a déjà présidé la Polynésie de 1984 à 1987, de 1991 à 2004, et entre octobre 2004 et février 2005. En mai 2004, Oscar Temaru avait été élu pour la première fois.

Chypre
Demetris Christofias a été élu président de Chypre dimanche 24 février. Soutenu par le président sortant Tassos Papadopoulos (largement battu au premier tour des élections), il a battu son adversaire conservateur Ioannis Kasoulides avec plus de 53 % des voix. C’est le premier et le seul dirigeant communiste européen. Contrairement à son prédécesseur, il est partisan de la reprise des pourparlers sur la division de l’île, dont la partie nord est occupée par la Turquie depuis 1974.

Corée du Sud
Le président sud-coréen Lee Myung-Bak, élu en décembre pour cinq ans, entame aujourd’hui son mandat. Ses priorités affichées : la relance de l’économie et les pourparlers avec la Corée du Nord.

Arménie
L’ex-premier ministre Serge Sarkissian a remporté l’élection présidentielle en Arménie dès le premier tour mardi avec 52, 9% des voix. Des plaintes pour fraude ont été déposées par ses opposants.  Agé de 53 ans, Serge Sarkissian a fait campagne sur le thème de la stabilité politique et économique et devrait poursuivre la politique étrangère de son prédécesseur : liens avec la Russie, froid avec l’Azerbaïdjan et la Turquie, ses deux voisins.

Références
Cuba
AFP
AFP
AFP (portrait de Raul Castro)
LeFigaro.fr avec AFP et AP
Le Monde.fr avec AFP et Reuters
Le Monde : " Raul Castro, un "intérimaire" en "position de force" "
RFI : " Raul Castro succède à Fidel "

Polynésie
AFP
Reuters
LeFigaro.fr avec AFP et AP

Chypre
LeFigaro.fr avec AFP
RFI : " Le communiste Christofias élu président "
Libération : " Le nouveau président chypriote grec tend la main à la partie turque "

Corée du Sud
Xinhua
RFI : " Un show pour l’investiture présidentielle "

Arménie
LeFigaro.fr avec AFP

Mardi 19 février 2008. Fidel Castro annonce son retrait.

Dans via message diffusé dans le quotidien officiel du pouvoir, Fidel Castro a annoncé aujourd’hui qu’il va renoncer à se représenter à la présidence cubaine.

Fidel Castro était à la tête de Cuba depuis 1949, année où il a renversé le dictateur Batista après plus de deux ans de guérilla lors de la révolution cubaine. Agé de 81 ans, il n’est plus apparu en public depuis son hospitalisation pour une hémorragie intestinale en juin 2006. Il avait délégué ses pouvoirs en juillet 2006 à son frère cadet (75 ans), Raul Castro.

Fidel Castro a annoncé qu’il continuera à livrer ses réflexions par écrit. Celles-ci sont largement commentées et enseignées à l’école.

Le Parlement de Cuba se réunira le 24 février pour désigner les membres du Conseil d’Etat, la plus haute instance du pouvoir exécutif. Celui-ci désignera son président le 5 mars.

Références
Dépêches
Le Monde avec AFP
LeFigaro.fr avec AFP

Articles
RFI :  » Castro quitte le pouvoir « 
Le Monde :  » Fidel Castro renonce à la présidence cubaine mais « ne fait pas ses adieux » « 
Le Figaro :  » Fidel Castro lâche le pouvoir « 

Documents
Le message de Fidel Castro (en anglais) sur le site de Granma
Le parcours de Fidel Castro en images sur le site du Figaro