Archives de Catégorie: Sciences

Mercredi 23 avril 2008. Feu vert pour Galileo.

Le Parlement européen a voté aujourd’hui une directive fixant le montant des fonds nécessaires au lancement de Galileo, le pendant européen du GPS.

Ce projet a été lancé en 2000 et devait initialement aboutir en 2008. Il devait être financé par des fonds publics et un consortium privé, mais aucun accord de financement n’a pu être obtenu. C’est un financement entièrement public qui a été retenu en novembre 2007, grâce notamment à un redéploiement de fonds non utilisés du budget agricole (la hausse des cours des matières agricoles ayant fait mécaniquement diminuer les subventions). Le projet dispose maintenant d’une base juridique.

Le projet, d’un montant de 3,4 milliards d’euros, sera entièrement financé par l’Union européenne. Il prévoit le lancement de 30 satellites dédiés au positionnement à l’horizon 2013. Ils devraient permettre un positionnement au mètre près, contre une dizaine de mètres actuellement avec le GPS.

Un premier satellite expérimental avait déjà été lancé en 2005 ; un second le sera ce dimanche 27 avril 2008.

Références
Dépêches
Reuters
AFP
AFP

Articles
L’Usine Nouvelle : " Galileo mis sur orbite par le Parlement européen "
RTBF : " Galileo, c’est parti! L’Europe aura son GPS "

Document
Le dossier Galileo sur le site du Parlement européen

Jeudi 21 février. Les Américains détruisent un satellite avec un missile

La défense américaine a abattu aujourd’hui un satellite hors d’usage dédié à l’espionnage. C’est la première fois que les Etats-Unis effectuent une opération de ce type depuis le sol (en 1985, ils avaient détruit un satellite, mais en envoyant le missile depuis un avion). Ils ont fait appel à une fusée semblable à celles qui doivent être déployées en Pologne et en République tchèque dans le cadre du bouclier anti-missile américain. Coût de l’opération : entre 40 et 60 millions de dollars. Sa réussite doit être confirmée dans les 48 heures.

Le satellite volait à 250 kilomètres d’altitude au-dessus de l’océan Pacifique, à une vitesse de 44 000 km/h.

Les autorités américaines affirment que c’est le carburant présent dans le satellite (de l’hydrazine) qui représentait un danger en cas de crash sur Terre, en raison de sa toxicité. A cause des défaillances du satellite, son réservoir était presque plein. La plupart des débris devraient maintenant se consumer en pénétrant dans l’atmosphère au cours des 40 prochains jours. Certains experts estiment que le carburant se serait de toutes façons consumé lorsque le réservoir serait arrivé dans l’atmosphère. En ce cas, l’objectif de cette destruction pourrait avoir été d’une part de tester les capacités américaines à mener à bien ce type d’opération, et d’autre part de s’assurer qu’aucun élément du satellite ne tombe entre des mains étrangères.

La Chine avait été largement critiquée pour avoir détruit en janvier 2007 un ancien satellite météo sans en avertir la communauté internationale et en refusant de confirmer l’information pendant près de deux semaines.

Références
Dépêches
LeMonde.fr avec AFP
LeFigaro.fr avec AFP et AP

Articles
NYT :  » Pentagon Says It’s Confident Missile Hit Satellite Tank « 
NYT :  » China Criticizes U.S. Missile Strike « 
NYT :  » How Toxic Was That Satellite? Plus More on Great Leaps and Group Think « 
RFI :  » La marine américaine détruit un ancien satellite-espion « 
Le Monde :  » Questions autour de la destruction annoncée d’un satellite espion américain « 

Mercredi 13 février 2008. Un laboratoire européen dans l’espace.

Des astronautes ont arrimé avant-hier, lundi 11 février 2008, le premier laboratoire scientifique européen dans l’espace, baptisé Colombus. Il intègre la Station spatiale internationale en cours d’assemblage sur une orbite située à 350 kilomètres de la Terre. Deux astronautes, le Français Léopold Eyharts (50 ans) et l’Américaine Peggy Whitson y sont entrés pour la première fois hier.

Ce laboratoire s’ajoute aux modules américains et russes. Le Japon doit également arrimer un laboratoire en 2008.

Colombus est un gros cylindre de 7 mètres de long et de 4,5 mètres de diamètre. Il a coûté 1,3 milliard d’euros (880 millions d’euros plus les frais de lancement) financés par l’Allemagne (51 %), l’Italie (23 %) et la France (18 %). Ce laboratoire est destiné à des expériences pour comprendre ce que deviennent certains processus biologiques ou physiques en l’absence de gravité.

Le projet Colombus a été lancé en 1985 par l’Agence spatiale européenne. Il aurait dû aboutir en 1992 (d’où son nom, en l’honneur du 500e anniversaire de l’arrivée de Christophe Colomb sur le continent américain) mais a alors failli être abandonné pour des questions de coûts. Il a finalement été relancé en 1996, amputé d’une mini-station orbitale indépendante et d’une plate-forme d’observation (qui s’est muée depuis en satellites). Le laboratoire aurait finalement dû être lancé en 2004, échéance reportée à la suite de l’explosion de Columbia.

La navette spatiale américaine Atlantis emporte sept astronautes dont deux Européens. Son retour est prévu pour le 19 février. Léopold Eyharts doit rester, lui, six semaines dans la station et rentrer avec la navette Endeavour.

Références
Dépêches
Reuters
AFP
LeFigaro.fr avec AFP
LeFigaro.fr avec AFP

Articles
RFI :  » Le laboratoire européen est amarré à l’ISS « 
Le Figaro :  » La navette Atlantis met l’Europe sur orbite « 
Le Monde :  » Le laboratoire spatial européen Columbus en orbite « 

Document
Un portfolio sur la station spatiale sur le site du Figaro
Trois questions à Alain Berthoz sur les expériences à bord de Colombus

Liens
La mission Atlantis sur le site de la Nasa
Un quiz sur Colombus sur le site du Figaro

Dimanche 16 décembre. L’accord de Bali

La conférence sur le changement climatique a débouché sur une  » feuille de route  » : un accord sur un processus de négociations qui doit démarrer au plus tard en avril 2008 pour aboutir en 2009, lors d’une conférence à Copenhague. Un traité devra y être adopté pour succéder à celui de Kyoto, qui arrive à terme en 2012. Contrairement à celcui-ci, les Etats-Unis se sont engagés pour le signer.

Faute de consensus, le texte ne donne aucune référence chiffrée – les Européens voulaient préciser la réduction : 25 % à 40 % en 2020 par rapport à 1990 – une valeur retenue par les experts du climat (GIEC) pour limiter le réchauffement à 2°C en 2050. En réaction, les pays en développement ont aussi refusé que soit précisée une échéance les concernant à 2050. Contr

Un accord a par ailleurs été signé jeudi 13 décembre pour faciliter les transferts de technologie vers les pays en développement.

Dépêches
Le Monde.fr avec AFP et Reuters
Le Figaro avec AFP et AP
Le Monde avec AFP et Reuters

Articles
Le Monde :  » La conférence sur le climat s’achève par un pénible accord « 
Le JDD :  » Bali: Un accord à l’arraché « 
Le Figaro :  » Bali : accord à l’arrachée sur le climat « 

Jeudi 22 novembre 2007. Des cellules souches sans clonage.

Des biologistes japonais et américains ont transformé des cellules de peau humaine en cellules souches : des cellules capables de se transformer en n’importe quel autre type cellulaire.

Le principe de leur expérience, est d’injecter certains gènes particuliers dans les cellules de la peau au moyen d’un virus modifié. Les cellules ainsi obtenues, dites  » iPS  » (cellules pluripotentes induites), sont proches des cellules souches embryonnaires : elles sont  » pluripotentes « , c’est-à-dire qu’elles peuvent à leur tour se transformer en un type de tissu particulier (cellules nerveuses, musculaires, hépatiques…). Ces nouvelles cellules pourraient être utilisées pour régénérer des organes ou des tissus abîmés des maladies dégénératives.

Le mécanisme qui conduit à cette  » reprogrammation  » des cellules n’est pas connu.

L’opération avait été réalisée (par l’équipe japonaise) avec succès chez la souris l’été dernier. L’intérêt de cette approche est qu’elle peut potentiellement se substituer à la recherche de cellules souches sur des embryons (pour les obtenir, il faut détruire un embryon créé par fécondation in vitro).

Ian Wilmut, le  » père  » de la brebis Dolly, premier mammifère cloné (en 1996), a annoncé l’abandon de ses recherches sur le clonage pour se consacrer à cette nouvelle technique.

En même temps, une autre équipe a annoncé avoir réussi à obtenir une lignée de cellules souches embryonnaire chez un primate. Une première.

Références

Articles
La Croix :  » La recherche sur les cellules souches fait un grand pas « 
La Croix :  » Le « père » de Dolly renonce au clonage d’embryons « 
Le Monde :  » Des chercheurs ont réussi à transformer des cellules de peau en cellules souches « 
Le Figaro :  » Des cellules souches obtenues sans embryon « 
Le Figaro :  » Wilmut, le «père» de Dolly,  abandonne le clonage « 

Documents
L’article de Cell (de l’équipe japonaise)
L’article de Science (de l’équipe américaine)

Vendredi 26 octobre 2007. Le « Grenelle environnement »

Le Grenelle de l’environnement s’est terminé hier en présence du président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso et des prix Nobel de la Paix Al Gore (2007) et Wangari Maathaï (2004, pour un projet de plantation d’arbres en Afrique).

On parle de « Grenelle » en souvenir des « accords de Grenelle » (augmentation du Smig, passage aux 40 heures) signés en mai 1968 au ministère du Travail qui se situe rue de Grenelle à Paris. Le terme désigne maintenant un débat entre le gouvernement et les professionnels ou des ONG.

Pour le « Grenelle environnement », six groupes de travail de quarante membres ont représenté l’Etat, les collectivités locales, les ONG, les employeurs et les salariés. L’objectif était d’aboutir à 15-20 mesures concrètes sur le thème de l’environnement.

– réduire de moitié l’usage des pesticides
– stopper les cultures d’OGM jusqu’à l’instauration d’une nouvelle loi
– relier les espaces naturels par une « trame verte »

– construire des bâtiments publics (en 2010) et privés (en 2012) en « basse consommation » : 50 kwh/m2/an
– rénover les bâtiments publics anciens dans les 5 ans
– créer des incitations pour rénover les bâtiments privés anciens
– produire 20 millions de tonnes équivalent pétrole d’énergies renouvelables d’ici 2020
– faire un « bilan carbone » dans toute entreprise de plus de 50 personnes
– interdire les lampes à incandescence en 2010
– étendre l' »étiquette énergie » à tous les appareils de grande consommation électrique

– créer une prime (« éco-pastille ») pour l’achat de voitures neuves propres, pénaliser les autres
– introduire une écotaxe kilométrique sur les poids-lourds, hors autoroutes, en 2010.
– arrêter la construction de nouvelles routes et autoroutes, sauf exception
– développer le fret ferroviaire
– construire 2 000 km de lignes à grande vitesse avant 2020.
– réduire de moitié la consommation, les émissions de CO2 et le bruit des avions d’ici 2020
– créer des « autoroutes maritimes » atlantique et méditerranéenne

– interdire en 2008 les produits phytosanitaires nocifs
– définir un « plan particules » pour améliorer la qualité de l’air extérieur, avec un seuil cible obligatoire pour les particules à l’horizon 2015
– organiser un débat public sur les nanomatériaux
– fixer une valeur limite d’émission pour les téléphones portables

La « taxe carbone », une taxation sur les produits en fonction de leurs émissions en CO2, n’a pas fait l’objet d’un consensus, mais Nicolas Sarkozy veut l’étudier au niveau européen « dans les six mois ».

Une loi sur la mise en œuvre de ces mesures sera présentée au Parlement cet hiver. 
Quant à la baisse de la TVA sur les produits propres, elle est conditionnée à la présidence française de l’UE en juillet 2008.


 

Références
Le dossier du Monde
Le dossier des Echos
Le dossier de Libération
Le dossier de La Croix
Le dossier du magazine Challenges

Documents
Le site officiel
Le Grenelle sur YouTube
Le discours de Nicolas Sarkozy