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Jeudi 3 décembre 2009. Le coup d’Etat au Honduras entériné

Les députés honduriens ont refusé hier de réinstaller le président Manuel Zelaya au pouvoir pour les deux derniers mois de son mandat, ratifiant de fait le coup d’Etat du 28 juin (lire l’info du jour du 29 juin 2009).

Un scrutin présidentiel s’est déroulé dimanche 29 novembre 2009 au Honduras. Il a été remporté par le conservateur Porfiro Lobo (surnommé Pepe Lobo) qui a recueilli 55 % des voix. Le taux de participation a été de 61 % (huit points de plus que lors de l’élection précédente en 2005). Le candidat du parti libéral, Elvin Santos, a recueilli 38,6 % des voix et a reconnu sa défaite. Le président par intérim Roberto Micheletti (parti libéral), n’était pas candidat. Porfiro Lobo, riche exploitant agricole âgé de 61 ans, avait perdu l’élection de 2005 face à Manuel Zelaya.

L’élection a été dénoncée par les partisans du président déchu Manuel Zelaya. Celui-ci est toujours retranché dans l’enceinte de l’ambassade du Brésil dans la capitale hondurienne Tegucigalpa (lire l’info du jour du 23 septembre 2009). Il avait appelé au boycott du vote et affirme que c’est l’abstention qui a été massive, de l’ordre de 65 %.

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et le président vénézuélien Hugo Chavez ont également condamné le scrutin. L’Argentine, l’Equateur, le Guatemala, le Paraguay, l’Uruguay et la Bolivie ont annoncé qu’ils ne reconnaîtraient pas le futur président. Il sera en revanche reconnu par les Etats-Unis, de même que par le Pérou, la Colombie, Panama ou le Costa-Rica.

Ni l’ONU ni l’Organisation des Etats américains n’a envoyé d’observateurs, afin de ne pas cautionner le gouvernement issu du coup d’Etat du 28 juin.

Porfiro Lobo a déclaré vouloir oeuvrer pour la réconciliation nationale. Il prendra ses fonctions le 27 janvier 2010.

Références
LeJDD.fr :  » Election contestée au Honduras « 
WSJ :  » Honduran Election Gains Backing « 
RFI :  » Quelle légitimité pour Porfirio Lobo ? « 
RFI :  » Election présidentielle : polémique sur le niveau de participation « 
La Croix :  » Le Honduras retrouve un président « 
BBC :  » Manuel Zelaya attacks ‘fraudulent’ Honduras election « 
Le Figaro :  » Porfirio Lobo remporte la présidentielle au Honduras « 
RFI :  » Le Congrès refuse le retour au pouvoir de Manuel Zelaya « 
BBC :  » Honduran Congress votes down Zelaya’s reinstatement « 
WSJ :  » Honduran Congress Upholds Zelaya’s Ouster « 
NYT :  » Honduran Congress Votes Down Return by Zelaya « 

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Mercredi 23 septembre 2009. Le retour de Manuel Zelaya au Honduras crée des troubles dans le pays

Le président du Honduras Manuel Zelaya, victime d’un coup d’état le 28 juin dernier (lire l’info du jour du lundi 29 juin 2009), est rentré secrètement dans son pays lundi 21 septembre 2009 de son exil au Nicaragua. Il s’est réfugié dans l’ambassade du Brésil à Tegucigalpa, la capitale hondurienne. Son retour a eu lieu à l’avant-veille de l’Assemblée générale des Nations Unies. Il avait déjà essayé de rentrer à deux reprises, sans succès.

Manuel Zelaya avait été renversé alors qu’il s’apprêtait à organiser un référendum pour lui permettre de se présenter une seconde fois aux élections présidentielles (la Constitution n’autorisant qu’un seul mandat).  Cette réforme avait été jugée illégale par la Cour suprême.

L’ambassade du Brésil a été assiégée par des militaires et des policiers. L’eau, l’électricité et les lignes téléphoniques ont été coupées. Les quelque 4 000 partisans de Manuel Zelaya qui s’étaient rassemblés devant le bâtiment ont été violemment chassés et plus d’une vingtaine de personnes ont été blessées. Les aéroports et les frontières ont été fermées et un couvre-feu a été décrété.

Le président intérimaire Robert Micheletti, le président du Congrès hondurien qui s’était opposé au référendum, s’est dit disposé au dialogue avec Manuel Zelaya, à la condition que celui-ci accepte des élections prévues pour le 29 novembre. Il refuse cependant son retour au pouvoir jusqu’au terme de son mandat, en janvier 2010 , et la levée des poursuites judiciaires contre lui.

Le Brésil, qui soutient Manuel Zelaya, a promis de lui offrir la sécurité dans son ambassade.

Références
Dépêches
AFP sur LaCroix.com
20Minutes.fr avec agences
AFP sur Liberation.fr
AFP sur Liberation.fr
LeFigaro.fr avec AFP et AP
AP sur NYT

Articles
Le Monde :  » Au Honduras, les putschistes choisissent la répression « 
RFI :  » Un président de trop à Tegucigalpa »
BBC :  » Brazil urges action on Honduras « 
LeJDD.fr :  » Honduras: Zelaya pris au piège? « 

Lundi 29 juin 2009. Coup d’Etat au Honduras

Le président du Honduras Manuel Zelaya a été arrêté hier dimanche 28 juin 2009 par des militaires et a été conduit au Costa Rica, où il a demandé l’asile politique. Les militaires auraient aussi enlevé les ambassadeurs alliés du président : celui de Cuba, du Venezuela, et du Nicaragua. Au moins 8 ministres auraient été arrêtés. Un nouveau président a été désigné : Roberto Micheletti, le président du Congrès. C’est le premier putsch militaire en Amérique centrale depuis la fin de la guerre froide (le dernier en date est celui du Guatemala, en 1983). Des milliers de manifestants sont descendus dans les rues pour soutenir le président. Un couvre-feu a été instauré sur l’ensemble du territoire.

Manuel Zelaya organisait le jour même un référendum afin d’obtenir le droit de se présenter pour un second mandat. L’armée, le Parlement et la Cour Suprême s’y étaient opposés, jugeant la consultation illégale. Le président avait participé lui-même à la récupération de force des urnes entreposées sur des bases militaires avant de limoger le chef d’état-major général qui refusait de coopérer.

Le président hondurien, âgé de 56 ans, avait été élu en janvier 2006 pour un mandat de quatre ans non renouvelable. Bien qu’élu de droite, il a opéré un net virage à gauche, critiqué les traités de libre commerce avec les Etats-Unis et s’est rapproché des dirigeants antilibéraux de la région.

Le président vénézuélien Hugo Chávez, qui est un allié de Manuel Zelaya, a placé ses troupes en état d’alerte. Il a déclaré vouloir  » faire avorter  » le putsch et faire tomber tout gouvernement investi après le putsch. Il a aussi menacé d’attaquer militairement le Honduras si l’ambassadeur vénézuélien venait à être attaqué.

Références
Dépêches
LeMonde.fr avec AFP et Reuters
LeMonde.fr avec AFP
LeFigaro.fr avec AFP

Articles
LeJDD.fr :  » Jeux de pouvoir au Honduras « 
NYT :  » Honduran President Is Ousted in Coup « 
WSJ :  » Coup Rocks Honduras « 
BBC :  » New Honduran leader sets curfew « 
RFI :  » Coup d’Etat contre le président Zelaya « 
LeMonde.fr :  » Portfolio : Coups d’Etat militaire au Honduras «