Archives de Tag: Irak

Mardi 15 septembre 2009. Mountazer al-Zaïdi a été libéré

Le reporter irakien Mountazer al-Zaïdi, devenu célèbre pour avoir jeté ses chaussures au visage de George W. Bush en décembre 2008, a été libéré. Il avait été condamné à trois ans de prison pour  » agression contre un dirigeant étranger « , peine réduite à un an en appel, et il a été libéré après neuf mois pour bonne conduite.

Mountazer al-Zaïdi, 30 ans, avait accompli son geste durant une conférence de presse à Bagdad. Le journaliste avait aussi traité le président américain de  » chien « , une grave insulte dans la culture arabe.

Après sa libération, il a affirmé avoir été torturé pendant sa détention. Il aurait notamment subi des coups de barre de fer, des chocs électriques et des simulations de noyades ( » waterboarding « ). Il a demandé des excuses publiques pour ce traitement au premier ministre irakien Nouri Maliki.

Il aurait reçu par ailleurs divers cadeaux de dirigeants arabes et d’autres sympathisants, ainsi que des demandes en mariage. Il a déclaré qu’il ne retournerait pas travailler pour son employeur, la chaîne de télévision Al-Baghdadia, et qu’il ne se lancerait pas non plus dans la politique.

Références
Dépêches
LeMonde.fr avec AFP
LeFigaro.fr avec AFP

Articles
NYT :  » Iraqi Shoe Thrower Is Released, Claiming Torture « 
LeJDD.fr :  » Le lanceur de chaussures libéré « 
BBC :  » Iraq shoe thrower ‘was tortured’ « 

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Vendredi 5 juin 2009. Le discours de Barack Obama aux Musulmans

Le président américain Barack Obama a adressé aux Musulmans un discours à l’université du Caire (Egypte) hier jeudi 4 juin 2009. Son premier souhait était de mettre un terme à l’incompréhension entre les Etats-Unis et l’Islam qui s’est installée depuis les attentats de septembre 2001 :  » l’Amérique n’est pas – et ne sera jamais – en guerre avec l’islam.  » Il a dit être là pour  » un nouveau départ entre les États-Unis et les musulmans du monde entier, basé sur un intérêt mutuel et un respect mutuel et aussi sur cette vérité que l’Amérique et l’islam ne s’excluent pas et n’ont pas besoin d’être rivaux.  »

Après un hommage aux apports culturels et scientifiques du monde musulman, Barack Obama a notamment :
• demandé aux Israéliens de geler la colonisation et d’enclencher un processus de paix, tout en rappelant le soutien  » inébranlable  » des Etats-Unis envers Israël
• défendu la création d’un Etat palestinien,  » seule solution  » au conflit
• demandé aux Palestiniens, de renoncer à la violence.
• reconnu que la CIA avait renversé en 1953 le gouvernement iranien démocratiquement élu de Mossadegh
• affirmé qu’il est nécessaire d’empêcher une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient
• justifié la présence américaine en Afghanistan par la menace extrémiste qui y persiste mais a précisé que les Etats-Unis n’avaient pas l’intention d’y établir des bases permanentes
• rappelé la réalité de la Shoah et a admis les humiliations liées à l’  » occupation  » israélienne (le terme d’occupation n’était avant jamais utilisé par la Maison Blanche)
• affirmé la nécessité de respecter la liberté religieuse et de renforcer l’éducation des femmes – il s’est aussi positionné en faveur du port du voile par les femmes musulmanes.

Il n’a pas prononcé une seule fois le mot  » terrorisme  » mais a été critiqué pour ne pas avoir évoqué les conséquences de la guerre en Irak.

Références
Articles
La Croix :  » Barack Obama tourne une page avec le monde musulman « 
Le Figaro :  » Voile islamique : Obama prône la tolérance en Occident « 
Le Figaro :  » Egypte : la rue circonspecte après le discours d’Obama « 
Libération :  » Obama propose un «nouveau départ» aux musulmans « 
LeJDD.fr :  » Obama en apôtre de la paix « 
NYT :  » Varying Responses to Speech in Mideast Highlight Divisions « 
NYTimes :  » Addressing Muslims, Obama Pushes Mideast Peace « 
WSJ :  » Obama Chides Israel, Arabs in His Overture to Muslims « 
RFI :  » Le discours de la méthode Obama « 
Le Figaro : «Un nouveau départ entre les musulmans et les Etats-Unis»

Documents
Le discours de Barack Obama (par Public Sénat sur Dailymotion)
Le texte du discours en anglais (sur le site de La Croix)
La traduction officielle (sur le site des Echos)

Mardi 18 novembre 2008. Le retrait américain d’Irak enclenché

Les Etats-Unis et l’Irak ont approuvé un pacte selon lequel les militaires américains resteront en Irak pendant encore trois ans. La date butoir de leur retrait a été fixée au 31 décembre 2011. Les ministres irakiens ont accepté dimanche 16 novembre 2008 cet accord proposé par les Etats-Unis (le texte devrait être entériné par le parlement avant la fin du mois). Ce texte doit remplacer le mandat de l’ONU justifiant la présence de troupes en Irak, qui vient à expiration fin 2008.

Les militaires américains seront placés sous l’autorité du gouvernement irakien ; ils ne patrouilleront plus dans les villes et les villages à partir de mi 2009 et commenceront alors à restituer leurs bases à l’Etat irakien ; un magistrat irakien devra donner son aval pour mener des raids contre des habitations.

Cet accord ne concerne que les militaires américains (au nombre de 150 000 environ) et pas les 5 000 militaires d’autres nationalités (dont 4 000 Britanniques).

De son côté, Barack Obama, le futur président américain, a cependant confirmé son intention de retirer les troupes américaines d’Irak d’ici l’été 2010.

 

Références

Dépêches

LeJDD.fr avec Reuters

LeMonde.fr avec AFP et Reuters

AFP (sur Google)

Article

Le Monde : « Le gouvernement irakien vote la prolongation de la présence militaire américaine jusqu’en 2011 »

Mercredi 27 février 2008. L’armée turque attaque les rebelles kurdes sur le territoire irakien.

L’armée turque mène une offensive terrestre et aérienne contre des camps du PKK, le parti des travailleurs kurdes, mouvement armé d’extrême gauche, depuis jeudi 21 février. Entre 2000 et 10000 soldats participeraient à l’opération, épaulés par des chars d’assaut, des hélicoptères et des avions de chasse. Ils seraient confrontés à 3000 à 5000 guerilleros dans les montagnes du nord de l’Irak. Plusieurs de ces camps auraient été détruits à la suite de violents combats qui auraient fait plus de 230 morts côté kurde contre 27 côté turc d’après la Turquie — chiffres contredits par le PKK qui avance respectivement 3 et 90 décès. L’armée autonome du Kurdistan irakien (les peshmergas) n’a pas pris part aux combats pour le moment. Par ailleurs, le parlement kurde réclame la fermeture de quatre bases militaires turques, implantées au Kurdistan irakien depuis 1997 et dédiées à une mission d’observation. Les peshmergas ont reçu l’ordre de bloquer les chars qui tenteraient d’en sortir.

Cette offensive fait suite aux raids aériens qui ont eu lieu fin 2007 (lire l’info du jour du 25 octobre 2007). Elle était attendue, mais plus tard, à la fonte des neiges. L’armée turque a ainsi voulu prendre de court les rebelles kurdes.

Les troupes turques contrôleraient désormais une zone de 25 à 50 kilomètres en territoire irakien. Le gouvernement turc assure qu’il s’agit d’une opération de courte durée ; version contredite par des militaires souhaitant une installation permanente. Aucun calendrier n’a en tout cas été défini.Tout en demandant à la Turquie de respecter les frontières et d’écourter ses opérations, la communauté internationale n’a pas condamné ces attaques. L’Europe et les Etats-Unis considèrent que le PKK est une organisation terroriste.

C’est la première fois depuis onze ans que l’armée turque pénètre dans le kurdistan irakien. Ce regain de tension pourrait affecter toute la région : les kurdes irakiens (au nombre d’environ 5 millions) jouissent d’une autonomie dont voudraient profiter leurs homologues syriens, iraniens et turcs. Le conflit entre le PKK et la Turquie a déjà fait 37 000 morts depuis 1984, année où le PKK s’est engagé dans une lutte pour l’autonomie du sud-ouest de la Turquie.

Mise à jour du vendredi 29 février

L’armée turque s’est retirée vendredi 29 février du territoire irakien. L’offensive aurait fait 27 morts côté turc 240 côté kurdes selon la Turquie, 130 et 5 selon le Kurdistan.

Références
Dépêches
LeMonde.fr avec AFP et Reuters
Le Monde.fr avec AFP
LeMonde.fr avec AFP et Reuters
LeMonde.fr avec AFP et Reuters
LeFigaro.fr avec AFP

Articles
Le Monde :  » La Turquie entend poursuivre son offensive dans le nord de l’Irak « 
Le Monde :  » L’offensive turque contre les rebelles kurdes en Irak s’amplifie « 
Le Monde :  » Le président américain s’engage à aider Ankara dans sa lutte contre les rebelles kurdes du PKK « 
Liberation :  » Ankara lance une vaste opération anti-PKK « 
Le Figaro :  » La Turquie porte le fer contre les Kurdes en Irak « 
RFI :  » La Turquie veut en finir avec les rebelles du PKK en Irak « 
France Culture : La chronique d’Alexandre Adler du 27 février 2008.

Document
Une carte des combats sur le site du Monde

Lundi 14 janvier 2008. La réhabilitation des anciens fidèles de Sadam Hussein.

Le Parlement irakien a voté samedi 12 janvier la  » loi sur la justice et la transparence  » qui permet aux anciens proches de Sadam Hussein, membres de son parti le Baas, d’avoir à nouveau accès aux emplois publics ou dans l’armée. Après une période de 3 mois, ils pourront prétendre à l’immunité.

Sous le régime de Sadam Hussein, l’adhésion au parti Baas était obligatoire pour obtenir un poste de responsabilités. Ce parti nationaliste arabe, a été au pouvoir en Irak entre 1968 et 2003 ; il a compté jusqu’à 2,5 millions d’adhérents.

Deux exceptions : les plus hauts gradés seront mis à la retraite, et les membres de la milice du dictateur qui risquent d’être poursuivis. Quant aux ex-membres du Baas reconnus du crimes, ils seront « punis ». En contrepartie, les victimes du parti pourront demander des compensations auprès des tribunaux.

C’est la deuxième  » débaassification « , après celle lancée en 2003 par l’administration américaine et qui s’était soldée par un ralliement massif d’anciens membres du Baas dans des mouvements d’insurrection anti-américains.

Références
Dépêches
AFP
Le Figaro avec AFP

Articles
Le Monde :  » L’Irak adopte une loi de réhabilitation des ex-baasistes « 
RFI :  » Le Parlement vote la réintégration des anciens baassistes « 

Mercredi 9 janvier 2008. 150 000 morts en Irak depuis le début de la guerre.

L’OMS a publié sur le site web du New England Journal of Medicine une nouvelle estimation du nombre d’Irakiens morts des conséquences de la guerre entre mars 2003 et juin 2006 : ils seraient entre 104 000 et 223 000, avec un chiffre estimé de 151 000. Plus de la moitié sont morts à Bagdad.

L’étude est une enquête auprès de ménages dans tout le pays, faute de comptabilisation dans les services d’état civil et les hôpitaux. Elle recense les  » morts violentes  » : 80 % seraient des conséquences d’actions armées, le reste étant classé dans les  » violences meurtrières intentionnelles « . Le nombre de décès quotidiens est resté stable à 10 % près durant les trois années.

Les chiffres sont quatre fois inférieurs à ceux avancés en 2006 à la suite d’une étude du même type mais à plus petite échelle (le chiffre avancé était alors de l’ordre de 655 000). Ils restent trois fois supérieurs à ceux obtenus à partir de l’étude des rapports de presse (projet Iraq Body Count).

Références
Dépêche
AFP

Article
20 minutes :  » 151.000 Irakiens tués depuis le début de la guerre « 

Documents
L’article du NEJM
Le communiqué de l’OMS
Le projet Iraq Body Count
L’article du Lancet paru en 2006

Jeudi 25 octobre 2007. L’autre front irakien.

L’aviation turque a bombardé hier la zone kurde au Nord de l’Irak, la plus calme du pays jusqu’à présent.

L’aviation turque bombarde régulièrement des positions kurdes sur son territoire ; cette fois elle a passé la frontière. Cette attaque fait suite à des embuscades menées par des séparatistes kurdes contre des soldats turcs sur le territoire turc. Il y aurait eu, dans les deux camps, une quarantaine de victimes ces deux dernières semaines. La Turquie a rejeté une offre de cessez le feu du parti séparatiste kurde, le PKK (parti des travailleurs du Kurdistan).

Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par l’Europe et par les Etats-Unis. Les rebelles seraient environ 4000 en Irak et 2000 en Turquie.

Premiers fruits des attaques : la présidence régionale kurde a appelé le PKK à cesser ses actions ; le premier ministre irakien a qualifié l’organisation de « terroriste » ; des rumeurs circulent sur l’arrestation par la Turquie de chefs du PKK. Une délégation irakienne doit venir aujourd’hui en Turquie pour faire baisser la tension. Les Etats-Unis ont appelé les deux parties à la retenue.

Le Kurdistan irakien, autonome depuis 1991, est une région de 4 millions d’habitants qui dépend beaucoup de la Turquie pour ses approvisionnements, notamment en essence et en électricité. Les Kurdes seraient entre 25 et 35 millions, établis notamment sur les territoires turc (20 %), irakien (18 %), iranien (9 ,%) et syrien (8 %) ; ils n’ont jamais eu d’Etat propre.

Références

Dépêches
AFP
AP
AP

Articles
Libération : « La stratégie de la pression d’Ankara contre les Kurdes irakiens »
La Croix : « L’aviation turque attaque la rebellion kurde à la frontière irakienne »
Le Monde : « L’armée turque a bombardé des positions du PKK à la frontière irakienne »
24 heures : « La poudrière kurde en cinq tableaux »

Documents
Un reportage dans Le Monde : « Dans les montagnes du Kurdistan avec le PKK »

Le Courrier international fait sa « une » aujourd’hui sur « L’étincelle kurde »
En particulier, cet article sur les conséquences d’une invasion turque en Irak