Archives de Tag: Venezuela

Lundi 29 juin 2009. Coup d’Etat au Honduras

Le président du Honduras Manuel Zelaya a été arrêté hier dimanche 28 juin 2009 par des militaires et a été conduit au Costa Rica, où il a demandé l’asile politique. Les militaires auraient aussi enlevé les ambassadeurs alliés du président : celui de Cuba, du Venezuela, et du Nicaragua. Au moins 8 ministres auraient été arrêtés. Un nouveau président a été désigné : Roberto Micheletti, le président du Congrès. C’est le premier putsch militaire en Amérique centrale depuis la fin de la guerre froide (le dernier en date est celui du Guatemala, en 1983). Des milliers de manifestants sont descendus dans les rues pour soutenir le président. Un couvre-feu a été instauré sur l’ensemble du territoire.

Manuel Zelaya organisait le jour même un référendum afin d’obtenir le droit de se présenter pour un second mandat. L’armée, le Parlement et la Cour Suprême s’y étaient opposés, jugeant la consultation illégale. Le président avait participé lui-même à la récupération de force des urnes entreposées sur des bases militaires avant de limoger le chef d’état-major général qui refusait de coopérer.

Le président hondurien, âgé de 56 ans, avait été élu en janvier 2006 pour un mandat de quatre ans non renouvelable. Bien qu’élu de droite, il a opéré un net virage à gauche, critiqué les traités de libre commerce avec les Etats-Unis et s’est rapproché des dirigeants antilibéraux de la région.

Le président vénézuélien Hugo Chávez, qui est un allié de Manuel Zelaya, a placé ses troupes en état d’alerte. Il a déclaré vouloir  » faire avorter  » le putsch et faire tomber tout gouvernement investi après le putsch. Il a aussi menacé d’attaquer militairement le Honduras si l’ambassadeur vénézuélien venait à être attaqué.

Références
Dépêches
LeMonde.fr avec AFP et Reuters
LeMonde.fr avec AFP
LeFigaro.fr avec AFP

Articles
LeJDD.fr :  » Jeux de pouvoir au Honduras « 
NYT :  » Honduran President Is Ousted in Coup « 
WSJ :  » Coup Rocks Honduras « 
BBC :  » New Honduran leader sets curfew « 
RFI :  » Coup d’Etat contre le président Zelaya « 
LeMonde.fr :  » Portfolio : Coups d’Etat militaire au Honduras « 

Mardi 4 mars 2008. Crise en Amérique latine après l’assassinat du numéro 2 des Farc.

Le numéro 2 de la guérilla marxiste colombienne (les Farc : Forces armées révolutionnaires de Colombie), Raul Reyes, a été assassiné, ainsi qu’une quinzaine de ses hommes, samedi 1er mars en Equateur, à moins de 2 kilomètres de la frontière colombienne. Sa mort constitue le plus gros revers militaire de l’histoire des Farc.

Comment cela s’est-il passé ?
Des avions colombiens ont bombardé un camp des Farc à la suite d’informations des renseignements américains reposant sur une interception téléphonique. Des hélicoptères ont ensuite déposé des soldats au sol pour terminer l’opération.

Quelles ont été les conséquences diplomatiques immédiates ?
L’Equateur a rompu ses relations diplomatiques avec la Colombie et a envoyé des militaires à la frontière ; le Venezuela annonce la fermeture de ses frontières avec ce pays après avoir expulsé de son territoire des diplomates colombiens et envoie plusieurs milliers de militaires à sa frontière avec la Colombie ; le président colombien Alvaro Uribe a annoncé vouloir poursuivre le président vénézuélien devant la Cour pénale internationale, l’accusant de financer les Farc depuis une dizaine d’années.

Qui était Raul Reyes ?
Raul Reyes (Luis Edgar Devia de son vrai nom) était le chef de la diplomatie des Farc, responsable des finances, et son responsable de la communication. Il avait 60 ans. Il faisait partie de la guérilla depuis plus de 30 ans et on le considérait comme un successeur possible de l’actuel chef et fondateur des Farc, Manuel Marulunda. Considéré comme un homme très dur, il était le lien entre la partie militaire et la partie politique des Farc. La France, la Suisse et l’Espagne étaient en contact avec lui pour la libération d’otages dont la franco-colombienne Ingrid Betancourt.

Les Farc et les otages
Les Farc compteraient aujourd’hui environ 9000 combattants (deux fois moins qu’au début des années 2000). Ils tireraient des revenus de la coca se montant à 500 millions à 1 milliard de dollars. Ils détiendraient plus de 700 otages. Des otages  » commerciaux « , échangés contre rançon, et 39 otages  » politiques et combattants  » dont Ingrid Betancourt et trois Américains, séquestrés à des fins de négociations politiques. Quatre d’entre eux avaient été libérés mercredi 27 février grâce à une médiation d’Hugo Chavez. Deux autres avaient déjà été libérés le 10 janvier (lire l’info du jour du 10 janvier 2008 http://linfodujour.canalblog.com/archives/2008/01/10/7515937.html).

Références
Dépêches
LeMonde.fr avec AFP, AP et Reuters
LeFigaro.fr avec AFP
LeFigaro.fr avec AFP, AP et Le Figaro
LeFigaro.fr avec AFP et AP

Articles
RFI :  » La situation se tend « 
RFI :  » Washington fidèle allié de Bogota « 
RFI :  » Raul Reyes, N° 2 des FARC, a été tué « 
Le Figaro :  » Les otages, dernière carte d’une guérilla affaibli « 
RFI :  » Les FARC ont relâché quatre nouveaux otages « 

Jeudi 10 janvier 2008. Libération de deux otages en Colombie.

Deux otages aux mains des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie : la guérilla marxiste colombienne) ont été libérés aujourd’hui.

Qui a été libéré ?
– Clara Rojas (enlevée en 2002) : avocate âgée de 44 ans, collaboratrice d’Ingrid Betancourt, elle a notamment dirigée sa campagne présidentielle ;
– Consuelo Gonzalez (enlevée en 2001) : membre du parti libéral colombien, élue deux fois à la chambre des représentants, elle a 57 ans.
Quant au fils de Clara Rojas, né en captivité et qui devait être libéré avec les deux femmes en décembre, il avait en fait été recueilli par l’assistance publique colombienne il y a deux ans et n ‘était donc pas donc pas aux mains de la guérilla.

Qui a organisé l’opération ?
La Colombie, le Venezuela et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Les indications sur les lieux de la libérations ont été transmises à Hugo Chavez, le président vénézuélien. Celui-ci a donc poursuivi la médiation qu’il avait entamée durant l’été 2006, bien que le président colombien Alvaro Uribe l’en ai officiellement dessaisi. Les hélicoptères qui sont aller chercher les otages dans la jungle colombienne sont partis du Venezuela.

Pourquoi l’opération ne s’est-elle pas faite en décembre ?
Officiellement en raison d’opérations qu’effectuait l’armée colombienne dans la région où devait avoir lieu la libération – version contredite par Alvaro Uribe. Plus probablement parce que les Farc n’ont pas pu  » récupérer le fils de Clara Rojas  » afin de le rendre.

Références
Dépêches
Le Monde avec AFP et Reuters
Le Monde avec AFP et Reuters
Le Figaro
Libération avec AFP et Reuters

Mardi 4 décembre. Les Vénézuéliens rejettent la constitution d’Hugo Chavez.

Au Venezuela, la réforme de la constitution voulue par le président Hugo Chavez a été rejetée dimanche 2 décembre par 51 % des votants. Le taux de participation a été de 56 %. Les observateurs estiment que le vote s’est déroulé dans des conditions régulières.

Le projet comportait 69 amendements à la constitution (qui en compte 350), renforçant les pouvoirs du président (par exemple le contrôle de la presse en cas de crise). Il aurait pu notamment rester à vie à ce poste. Le but affiché du projet était d’assurer  » la transition du pays vers le socialisme  » (avec un contrôle étatique de la banque centrale ou une réduction à six heures de la journée de travail).

Hugo Chavez avait remporté l’élection présidentielle de décembre 2006 avec près de 63% des voix. C’est son premier échec électoral depuis son arrivée au pouvoir, en 1999.
Il a reconnu sa défaite hier, lundi 3 décembre. Il a dit ne pas renoncer cependant à la réforme. Son mandat dure encore 5 ans.

Références

Articles
RFI :  » Défaite historique pour Chavez « 
Le Monde :  » Hugo Chavez reconnaît sa défaite au référendum sur la Constitution « 
Le Figaro.fr :  » Pari perdu pour Chavez « 

Mardi 20 novembre 2007. Hugo Chavez à Paris.

Le président vénézuélien Hugo Chavez était à Paris aujourd’hui, mardi 20 novembre. Son déplacement avait pour objet les discussions en cours avec la guérilla colombienne et les négociations sur la libération des otages qu’elle détient. Il a déjeuné avec le président français Nicolas Sarkozy. Contrairement à ce qu’il avait promis, il n’a pas apporté de preuves de vie d’Ingrid Betancourt.

Hugo Chavez a été élu président du Venezuela en 1999 (il avait tenté deux coups d’Etat en 1992). Depuis cet été, Hugo Chavez a décidé de jouer un rôle de médiateur avec la guérilla marxiste colombienne (les Farc : Forces armées révolutionnaires de Colombie). Il a dit espérer rencontrer directement Manuel Marulanda, dit «Tirofijo» («dans la cible»), le chef et fondateur des Farc. Il a déjà reçu le 8 novembre dernier Ivan Marquez, un des dirigeants de la guérilla.

Réputé pour son anti-américanisme, il se veut aujourd’hui le porte-drapeau du mouvement alter-mondialiste. Il est en campagne électorale dans son pays pour réformer la constitution. La nouvelle constitution lui donnerait sans doute le pouvoir à vie et retirerait tout contrôle sur les actions du chef d’Etat.

Ingrid Betancourt est une femme politique colombienne. Elle a un passeport français suite à son premier mariage. Elle a été arrêtée par les Farc en février 2002. La dernière preuve de son maintien en vie est une vidéo reçue en 2003. Les Farc demandent la libération de 500 combattants détenus en Colombie en échange de celle de 45 otages, dont Ingrid Bétancourt.

Juste avant le déplacement d’Hugo Chavez, le président colombien Alvaro Uribe a fixé au mois de décembre la limite pour la médiation entre le Venezuela et les Farc.

[mise à jour du 22 novembre] Le président colombien Alvaro Uribe a retiré à Hugo Chavez la médiation avec les Farc. La raison serait un coup de fil passé par Hugo Chavez au général Mario Montoya, le commandant de l’armée colombienne. Les deux présidents avaient convenus qu’ils devaient être les seuls à parler du dossier. L’article du Figaro.

Références

Articles
La Croix :  » Hugo Chavez promet une prochaine «preuve de vie» d’Ingrid Betancourt « 
Libération :  » Chávez le médiateur est venu à Paris les mains vides « 
Le Monde :  » Hugo Chavez n’a pas apporté à Nicolas Sarkozy de « preuve de vie » d’Ingrid Betancourt « 

Documents
Principaux extraits de la conférence de presse d’Hugo Chavez
Morceaux choisis de la conférence de presse d’Hugo Chavez à Paris, par le site du Figaro.
Morceaux choisis du langage fleuri d’Hugo Chavez sur le site du Figaro
Entretien accordé au Figaro par Hugo Chavez avant son déplacement.
Chronologie d’Hugo Chavez au pouvoir sur le site du Monde
Rue89 :  » Le Vénézuelien Chavez : dieu ou dictateur ? «